Visiter le blog de temps en temps, voire souvent, voir des photos, lire des news fraîches ou moins fraîches, joyeuses ou plus tristes, tout ça peut donner une
impression de relative proximité. Mais je crois que pour comprendre ce que représente vraiment le travail sous-jacent à cette organisation, il faut la voir et l'expérimenter depuis
l'intérieur.
C'est pour vous donner une image un peu plus juste, mais cependant la certitude que c'est un monde très spécifique, que j'ai choisi d'expliquer mon expérience de bénévole sur ce blog.

Comme j'habite relativement loin de Massongex, je suis là pour aider le samedi et parfois pendant mes vacances d'étudiante. J'ai déjà vu passer toutes les
saisons depuis mon arrivée en été 2006, et, si les données changent suivant la météo, le travail, lui, reste toujours là. Le travail avec les chevaux, ce n'est pas comme semblent le penser
certains de mes amis lorsque je leur dis que je travaille un jour férié et qu'ils s'en étonnent. Les chevaux mangent, salissent leur boxe, et offrent du bonheur tous les jours, sans
exception.
Le samedi, c'est le jour des cavalli-minis. Le matin, la journée commence à 7h30 pour les travailleurs, qui sont alors vivement encouragés par la discussion
enjouée de Myrtille. La matinée suit son cours au rythme des nettoyages des boxes, de la cour, et des soins aux chevaux. A midi, pause méritée pour le dîner, en compagnie mouvementée d'Arnie.
Ensuite, c'est l'arrivée des cavalli-minis. Avec eux, on s'occupe des chevaux, on les prépare, les monte, les inonde de câlins, tout ça dans une bonne humeur en général très présente. Les enfants
se sentent bien à la ferme, parce qu'ils ont une place prédominante, qu'ils sont écoutés et soutenus, au fil de l'apprentissage du monde du cheval. C'est un endroit spécial, où la notion de
travail est présente parce qu'elle fait partie de la vie, et où chacun peut trouver la petite place qui lui est réservée. On est loin du rendement, on fait ce qu'il y a à faire, et on apprend à
le faire avec plaisir.
Une fille que je vois souvent aux Cavalli-minis m'a dit un jour qu'il pleuvait : "C'est aussi bien quand il pleut, parce qu'on ne peut pas monter, mais à la place, on fait plein de choses, on
s'occupe plus des chevaux."
C'est aussi ce que je préfère, passer du temps avec les chevaux, et petit à petit, profiter de plus en plus de la relation privilégiée qui s'installe avec eux.
Travailler ici, c'est pour moi une grande leçon, et le travail à fournir n'est rien comparé aux expériences inestimables qu'on en retire. Cette ferme et ces chevaux sont une oasis de bonheur pour
toutes les personnes que j'y rencontre.
Ophélie
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